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Fixer la durée maximale d’un contrat de travail temporaire suppose d’identifier, avant toute signature, le motif réel du recours, car le plafond légal (renouvellements compris) en découle directement. Selon le motif, ce plafond est de 9, 18, 24 ou 36 mois, et son dépassement comme une succession de missions mal maîtrisée exposent l’entreprise utilisatrice à des conséquences précises.
Quelle est la durée maximale d’une mission d’intérim ?
En intérim, aucune durée unique ne s’applique à toutes les missions : chaque motif de recours prévu par la loi emporte son propre plafond (initialement fixé, puis renouvellements additionnés), et un accord de branche étendu peut en modifier le niveau. Le chef d’entreprise qui planifie une mission longue doit donc qualifier précisément le besoin avant d’en arrêter le terme.

La règle des 18 mois en travail temporaire
Le contrat de travail temporaire lie le salarié intérimaire à l’entreprise de travail temporaire, son employeur, tandis qu’un contrat distinct organise sa mise à disposition auprès de l’entreprise utilisatrice. Le recours doit répondre à une tâche précise et temporaire (jamais à un emploi permanent). Le plafond de référence de 18 mois, renouvellements compris, couvre notamment les motifs suivants :
- Remplacement : remplacement d’un salarié absent, dont le contrat est suspendu ou provisoirement passé à temps partiel.
- Activité : accroissement temporaire d’activité, y compris des variations cycliques de production.
- Non-salariés et emplois spécifiques : remplacement d’un chef d’entreprise ou d’un chef d’exploitation agricole et, avec un terme précis, certains emplois saisonniers ou d’usage.
Selon les articles L. 1251-12 et L. 1251-12-1 du Code du travail, un accord de branche étendu applicable à l’entreprise utilisatrice peut fixer la durée maximale d’un contrat temporaire, les plafonds légaux ne s’appliquant qu’à défaut. Workforce-interim recommande de vérifier la convention applicable avant de planifier une mission longue, comme le développe notre analyse du contrat de mission au regard du Code du travail.
Les motifs limités à 9 mois
Une mission conclue dans l’attente de l’arrivée d’un salarié recruté en CDI ne peut excéder 9 mois, renouvellements compris, à défaut de durée conventionnelle applicable. Le plafond court traduit la nature transitoire du besoin, qui disparaît dès la prise de poste effective du titulaire.
Le même plafond de 9 mois s’applique aux travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité (renouvellements compris), toujours sous réserve d’une stipulation de branche différente.
Les exceptions à 24 et 36 mois
Certains motifs justifient une durée plus longue, en raison de l’ampleur ou de la configuration particulière du besoin. Le remplacement d’un salarié absent relève quant à lui, pour un contrat à terme précis, des durées légales du contrat d’intérim à 18 mois, alors que les cas suivants autorisent davantage :
- Poste voué à disparaître : le remplacement d’un salarié parti définitivement avant la suppression de son poste peut durer jusqu’à 24 mois.
- Commande exceptionnelle à l’exportation : 24 mois au maximum lorsque la commande exige des moyens inhabituels, avec une durée initiale d’au moins 6 mois.
- Mission à l’étranger : 24 mois, motif distinct de la commande à l’exportation.
Le contrat conclu pour un cycle de formation en apprentissage peut enfin atteindre 36 mois, renouvellements compris ; ce plafond reste propre à ce cas et ne s’étend pas aux missions ordinaires.
| Motif de recours | Durée maximale (renouvellements compris) |
| Attente d’un salarié recruté en CDI | 9 mois |
| Travaux urgents de sécurité | 9 mois |
| Remplacement, accroissement temporaire d’activité, emploi saisonnier ou d’usage à terme précis | 18 mois |
| Salarié parti avant suppression du poste | 24 mois |
| Commande exceptionnelle à l’exportation | 24 mois (durée initiale d’au moins 6 mois) |
| Mission exécutée à l’étranger | 24 mois |
| Cycle de formation en apprentissage | 36 mois |
Calculer la durée totale du contrat de mission
Le plafond identifié, encore faut-il mesurer correctement la durée effective de la mission : le contrôle porte sur l’ensemble formé par le contrat initial et ses renouvellements, puis sur la cohérence des dates avec le motif réellement exécuté.

Additionner les renouvellements au contrat initial
La durée d’un contrat de travail temporaire s’apprécie en additionnant la durée du contrat initial et celle de chaque renouvellement, puis en confrontant ce total à la durée maximale du contrat applicable au motif. Trois règles encadrent l’opération :
- Nombre : à défaut de règle fixée par un accord de branche étendu, deux renouvellements au maximum.
- Longueur : les renouvellements peuvent différer du contrat initial comme entre eux.
- Forme : une clause du contrat initial ou un avenant soumis au salarié avant le terme prévu.
Une mission initiale de 6 mois suivie de deux renouvellements de 6 mois atteint ainsi 18 mois. Workforce-interim conseille de ne jamais prolonger une mission par simple accord oral ; notre exemple commenté de contrat de travail temporaire illustre la rédaction de ces clauses et avenants.
Vérifier les dates d’un terme précis
Le contrat de mission comporte en principe un terme précis, obligatoire pour le remplacement d’un salarié provisoirement passé à temps partiel et pour l’accroissement temporaire d’activité. Un contrat à durée déterminée par une date de fin ne connaît aucune durée minimale générale : une mission d’une semaine reste possible si son motif et les autres conditions légales sont respectés.
Le contrôle confronte les dates de début et de fin initiale, celles de chaque renouvellement et le motif réellement exécuté au plafond applicable (un mois ne se convertissant pas systématiquement en 30 jours). Les règles de terme et de renouvellement du contrat de mission fixent ce cadre.
Comprendre le contrat sans terme précis
Le contrat sans terme précis n’est admis que pour certains motifs, remplacement d’une personne absente, attente d’un salarié recruté en CDI ou emploi saisonnier, notamment, et fixe alors une durée minimale, déterminée librement. La mission prend fin à la fin de l’absence ou à la réalisation de son objet, jamais avant l’expiration de cette durée, sans pouvoir être prolongée indéfiniment.
Le CDI intérimaire, conclu avec l’agence pour des missions successives et de possibles périodes sans mission, obéit à une autre logique que le contrat de mission classique.
Dépassement et succession des missions
Au-delà du calcul, la régularité d’une mission dépend du respect du plafond, de la réalité du motif et des règles d’enchaînement sur un même poste ; chaque manquement emporte des conséquences financières et contractuelles précises.

Les risques d’une mission irrégulière
Un dépassement du plafond, un motif non réel ou l’occupation durable d’un emploi permanent peuvent conduire à la requalification judiciaire en contrat à durée indéterminée, avec une indemnité d’au moins 1 mois de salaire à la charge de l’entreprise utilisatrice. Plusieurs situations sont par ailleurs exclues :
- Poursuite sans contrat : l’intérimaire maintenu après le terme sans nouveau contrat ni mise à disposition est réputé lié à l’entreprise utilisatrice par un CDI.
- Remplacements interdits : salarié gréviste, médecin du travail, et certains travaux particulièrement dangereux sauf dérogation administrative exceptionnelle.
- Après licenciement économique : durant 6 mois, pas d’intérim pour accroissement d’activité sur les postes concernés, sauf exceptions dont une mission non renouvelable d’au plus 3 mois.
Ces exigences s’ajoutent aux obligations d’une agence d’intérim en matière de plafonds de durée et d’enchaînement des contrats.
Le délai de carence sur le même poste
Le plafond limite la mission en cours, tandis que le délai de carence encadre la succession d’un contrat de mission ou d’un CDD sur le même poste. À défaut de règle différente dans la convention collective applicable, il vaut le tiers de la durée du contrat échu lorsque celle-ci atteint 14 jours, et la moitié en deçà, en jours d’ouverture de l’établissement utilisateur.
Sauf disposition conventionnelle contraire, une nouvelle absence du salarié remplacé, des travaux urgents de sécurité ou certains emplois saisonniers peuvent dispenser de ce délai.
Les indemnités à la fin de mission
L’indemnité de fin de mission, dite de précarité, atteint en principe au moins 10 % de la rémunération totale brute due, renouvellements compris ; elle n’est notamment pas due en cas d’embauche immédiate en CDI.
L’indemnité compensatrice de congés payés est versée pour chaque mission, quelle que soit sa durée, à hauteur d’au moins 10 % de la rémunération totale brute, indemnité de fin de mission comprise lorsqu’elle est due.
Foire aux questions
Peut-on avancer ou reporter le terme d’une mission d’intérim ?
Oui : le terme peut être avancé ou reporté de 1 jour pour 5 jours de travail, ou de 2 jours pour une mission de moins de 10 jours. L’aménagement ne peut retrancher plus de 10 jours de travail ni dépasser la durée maximale. Dans certains remplacements, le terme peut être reporté jusqu’au surlendemain de la reprise du salarié remplacé.
Un troisième renouvellement du contrat de mission entraîne-t-il une requalification en CDI ?
Pas automatiquement. Le contrat est renouvelable deux fois par défaut, mais un accord de branche étendu applicable à l’entreprise utilisatrice peut fixer d’autres règles (articles L. 1251-12 et L. 1251-12-1 du Code du travail), les plafonds légaux restant applicables à défaut.
L’arrêt maladie de l’intérimaire prolonge-t-il la durée de sa mission ?
Non : une absence pour maladie, accident du travail ou maternité ne prolonge pas automatiquement le contrat, qui peut prendre fin à l’échéance prévue.
À partir de quelle date prend effet la requalification en CDI en cas de dépassement de la durée maximale ?
La requalification peut prendre effet au premier jour de la première mission irrégulière. Lorsque l’entreprise utilisatrice fait travailler l’intérimaire après la fin de mission sans nouveau contrat, le salarié est réputé lié à elle par un CDI.



