Sommaire
Cet article présente les règles applicables au recours à une agence d’intérim spécialisée dans la main-d’œuvre étrangère, ainsi que les démarches que tout employeur doit connaître pour recruter légalement un salarié étranger en France. Le processus couvre notamment l’autorisation de travail et les vérifications préalables à l’embauche.
Recruter un salarié étranger en France
L’embauche d’un ressortissant étranger obéit à un cadre juridique précis. Celui-ci combine l’autorisation de travail délivrée par l’administration et les obligations propres à chaque employeur. Cette maîtrise est indispensable pour sécuriser un recrutement international et limiter le risque de sanctions.

Quand l’autorisation de travail est obligatoire
En France, tout ressortissant d’un pays tiers qui souhaite exercer une activité salariée doit, en principe, obtenir une autorisation de travail avant de commencer son emploi. Cette exigence concerne aussi bien un CDI qu’un CDD ouvrant droit au titre de travailleur temporaire, ou un emploi saisonnier nécessitant un visa ou un titre de séjour adapté.
Les dispenses liées à la carte de séjour
Le statut administratif détermine directement les droits au travail des étrangers en France. Certaines cartes de séjour valent autorisation de travail de plein droit : l’employeur n’a alors pas à demander une autorisation distincte auprès de la préfecture. Cette distinction permet de fiabiliser le recrutement et d’anticiper les délais.
- Carte « talent » : elle autorise l’activité salariée dès sa délivrance, sans qu’il soit nécessaire de demander une autorisation supplémentaire.
- Carte de résident (10 ans) : elle donne un accès libre au marché du travail français, sans restriction d’emploi ni de secteur.
- Protection internationale : les bénéficiaires du statut de réfugié ou de la protection subsidiaire peuvent exercer leur droit au travail sans démarche complémentaire de l’employeur.
- Carte « vie privée et familiale » : elle permet toute activité salariée dès sa délivrance, quelle que soit la nature du contrat ou la profession envisagée.
À l’inverse, le visa ou la carte de séjour « visiteur », « stagiaire » ou « stagiaire ICT » n’autorise pas le travail salarié. Aucune demande en ligne ne peut régulariser cette situation. L’employeur qui ne respecte pas cette interdiction s’expose à des sanctions pénales et administratives.
| Type de titre | Autorisation de travail requise | Conditions particulières |
| Ressortissant UE / EEE / Suisse | Non | Libre accès au marché du travail européen |
| Carte « talent » | Non | Activité salariée autorisée de plein droit |
| Carte de résident | Non | Accès libre, sans restriction de secteur |
| Protection internationale | Non | Réfugié ou protection subsidiaire |
| Carte « vie privée et familiale » | Non | Tout emploi, tout contrat |
| Ressortissant pays tiers (CDI/CDD) | Oui | Dépôt via ANEF, un mois avant l’embauche |
| Visa / carte « visiteur », « stagiaire » | Impossible | Aucune régularisation possible |
Conditions d’emploi pour l’employeur
Pour obtenir une autorisation de travail et recruter un salarié étranger, l’employeur doit remplir quatre conditions cumulatives. L’emploi doit correspondre à un métier en tension ou avoir fait l’objet d’une publication de trois semaines sans candidature recevable. La rémunération doit, quant à elle, respecter au minimum le SMIC et les minima conventionnels applicables.
L’entreprise doit également être à jour de ses obligations sociales, ce que confirme une déclaration Urssaf datant de moins de six mois. Elle doit respecter les conditions d’exercice propres aux professions réglementées, lorsque cela s’applique. Une condamnation pénale ou une sanction administrative liée à la santé, à la sécurité ou au travail illégal peut bloquer l’instruction du dossier.
La demande d’autorisation en ligne
Depuis le 6 avril 2021, le service de demande d’autorisation de travail pour recruter un salarié étranger est accessible exclusivement sur la plateforme ANEF. Aucun déplacement en préfecture ni frais de dépôt n’est requis. La démarche appartient à l’employeur, et non au salarié; elle comprend l’identification de l’entreprise, la description du recrutement, les informations concernant le salarié étranger, ainsi que les caractéristiques du contrat et de l’emploi proposé.
Le dossier doit être transmis au moins un mois avant la date prévue d’embauche. Un accusé d’enregistrement électronique est adressé immédiatement après le dépôt. Les documents à fournir comprennent notamment une attestation de vigilance Urssaf, un titre de séjour ou un passeport valide, un justificatif de diffusion de l’offre d’emploi, la preuve du respect des conditions d’exercice pour une profession réglementée et le formulaire de demande dûment rempli.
Avant la prise de poste, l’employeur doit vérifier l’authenticité du titre de séjour auprès de la préfecture, au moins deux jours ouvrables avant l’embauche, conformément aux articles R. 5221-27 et R. 5221-41 du code du travail.
Foire aux questions
Est-il possible de procéder à l’embauche d’un étranger sans autorisation de travail en France ?
Recruter un salarié étranger sans autorisation préalable constitue une infraction grave. L’employeur s’expose à des sanctions pénales, administratives et financières, ainsi qu’à une éventuelle exclusion des marchés publics. Certaines situations dispensent toutefois de cette formalité : les ressortissants de l’Union européenne, de l’EEE et de la Suisse disposent d’un accès libre au marché du travail, comme les titulaires d’une carte de séjour « talent », « vie privée et familiale » ou d’une carte de résident. En dehors de ces cas, toute embauche doit être précédée d’une autorisation de travail obtenue via la plateforme ANEF, que l’employeur doit demander au moins un mois avant la prise de poste.
Quelles sont les conditions pour demander une autorisation de travail pour un salarié étranger ?
Pour demander une autorisation de travail, l’employeur doit réunir quatre conditions cumulatives. L’emploi doit figurer sur la liste des métiers en tension ou avoir fait l’objet d’une publication pendant trois semaines sans candidature recevable. Les ressortissants algériens constituent une exception : la publicité préalable reste systématiquement obligatoire pour leur recrutement. La rémunération proposée ne peut être inférieure au SMIC ni aux minima conventionnels applicables. L’entreprise doit être à jour de ses obligations sociales et respecter les règles propres aux professions réglementées. Le recrutement d’intérimaires étrangers en France originaires de pays européens, comme la Roumanie ou la Pologne, n’est pas soumis à cette procédure, ces travailleurs bénéficiant du droit à la libre circulation.
Comment se déroule la demande en ligne d’une autorisation de travail pour les étrangers ?
La demande en ligne s’effectue exclusivement sur la plateforme ANEF, et seul l’employeur peut engager la procédure. Celle-ci comprend quatre étapes : l’identification de l’entreprise, la présentation du recrutement, la saisie des informations concernant le salarié étranger, puis la description des conditions de l’emploi et du contrat proposé. L’administration dispose d’un délai maximal de deux mois pour statuer à compter du dépôt d’un dossier complet ; sans réponse dans ce délai, la demande est réputée refusée. Lorsque des documents complémentaires sont sollicités, l’employeur dispose de 30 jours pour les transmettre, sous peine de clôture automatique du dossier. Le renouvellement doit être demandé dans les deux mois précédant l’échéance de l’autorisation en cours, toujours sur la plateforme ANEF. Tout changement d’emploi, de mission ou d’employeur nécessite une nouvelle demande avant la prise de poste. Pour approfondir ces démarches, consultez nos guides consacrés à l’autorisation de travail pour les étrangers, au recrutement d’intérimaires étrangers en France, ainsi qu’aux obligations officielles pour embaucher un étranger en situation régulière sur le portail du ministère de l’Intérieur.



